Marion Maréchal: “Le conservatisme n’est pas tant un programme politique qu’un état d’esprit”

L’ancienne députée du Vaucluse affirme ne pas vouloir revenir en politique mais continue de distiller sa pensée, avec le soutien de partis de droite et d’extrême droite qu’elle voudrait réunir dans un “grand mouvement conservateur”.

Concentrée sur son nouveau rôle de directrice de l’ISSEP, l’école de sciences politiques qu’elle a ouverte à Lyon, Marion Maréchal n’en est pas moins présente dans les médias. La jeune retraitée continue d’affirmer qu’elle ne souhaite pas revenir en politique, mais joue le jeu du commentaire politique régulièrement. “C’est un exercice nouveau pour moi. Faisant le choix de ne plus faire de la politique partisane, ma seule marge de manœuvre est de faire de la métapolitique”, expliquait-elle ce lundi dans une brasserie du 9ème arrondissement de Paris, s’exprimant devant le cercle Audace lors d’un événement auquel a assisté Le Figaro.

Interrogée mercredi dans son établissement par BFMTV, l’ancienne députée RN (ex-FN) du Vaucluse a apporté son soutien aux gilets jaunes. Mais il n’a pas été question que de cela lors de cet entretien, puisqu’elle est longuement revenue sur son souhait d’union des droites, et sa définition du conservatisme.

“Ce que je trouve intéressant dans le terme ‘conservateur’, c’est que le conservatisme (…) (c’est que) ce n’est pas tant un programme politique, une doctrine, qu’un état d’esprit. Une forme de disposition de l’esprit à souhaiter conserver des choses qui nous apparaissent justes, belles. (…) C’est une opposition à l’état d’esprit progressiste qui, lui, relève plus de l’idéologie et de la doctrine, qui consiste à une fascination pour l’innovation”, explique la nièce de Marine Le Pen, pour qui cette fascination est une erreur. “Ces gens-là se trompent. Innovation ne veut pas nécessairement dire amélioration. Le passé est toujours plus inoffensif que l’avenir”, soutient-elle.

“J’appartiens à ce courant conservateur”

Dans cette optique, le terme “conservateur” peut servir selon elle à unir des droites autour d’une même sémantique. “Le conservatisme doit irriguer la vie politique”, ajoute-t-elle, expliquant appartenir à ce “courant”. L’union des droites qu’elle appelle de ses voeux est peut-être un “fantasme à l’instant T”, reconnaît l’ancienne députée, mais “serait bénéfique pour coaguler les forces contre le progressisme incarné par Emmanuel Macron, dont on voit le mépris s’afficher tous les jours”, explique-t-elle, égratignant au passage le chef de l’Etat.

“Par ailleurs je crois qu’il est tout à fait possible dans le futur d’imaginer cela à travers différentes personnalités, pour les simples et bonnes raisons qu’aujourd’hui les clivages se rétrécissent entre les différentes droites. Le clivage gaullistes/anti-gaullistes relève de la nécrologie politique”, selon elle.

L’hypothèse Bellamy chez LR la séduit

Et parmi ces “personnalités”, elle cite celle qui serait précisément pour Laurent Wauquiez un moyen d’attirer vers Les Républicains la frange laissée orpheline par le départ de Marion Maréchal: François-Xavier Bellamy. Le philosophe de droite, tête d’affiche du mouvement des Veilleurs – issu de la Manif pour tous – et adjoint au maire de Versailles, pourrait être tête de liste de LR aux européennes.

“On voit maintenant un discours de plus en plus proche du Front national sur un certain nombre de sujets” chez LR, souligne Marion Maréchal. “Si une personnalité comme François-Xavier Bellamy se confirme à la tête des listes aux européennes, je ne vois pas ce qui empêcherait qu’il puisse y avoir des alliances – l’alliance ce n’est pas l’union ou la fusion – dans des circonstances électorales”, conclut-elle.

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