Projet de loi sur le terrorisme : Conférence de presse de Marine Le Pen

Assassinats terroristes de Marseille
Conférence de presse de Marine Le Pen
Assemblée nationale – 3 octobre 2017
« Pour une Grande loi antiterroriste »

Deux jeunes filles, deux jeunes françaises, Mauranne 20 ans et Laura 21 ans, ont été l’une égorgée et l’autre poignardée par un islamiste alors qu’elles se trouvaient tranquillement sur le parvis de la gare Saint Charles.

Elles avaient le visage de la jeunesse et de l’insouciance, l’une et l’autre se préparaient à un métier, médecin et infirmière, au service des autres.

Nous pleurons leur mort et la vivons avec un intense chagrin, avec le sentiment d’avoir perdu injustement une fille, une nièce, l’une des nôtres, un membre, des membres, de notre famille.

Notre chagrin rejoint celui que nous éprouvons, au moment où s’ouvre le procès du frère Merah, pour notre autre compatriote Loïc Liber, devenu tétraplégique sous les balles de Mohamed Merah dont les complices présumés vont être jugés et pour les familles de militaires, les enfants atrocement assassinés de l’école Ozar Hatorah.

Face au double crime de Marseille, le gouvernement comme les médias tentent de minimiser cet acte d’une barbarie sans nom comme s’il s’agissait d’un accident de voiture, d’un aléa de la vie.

Le nom du terroriste est caché.

Le catalogue des bonnes excuses est sorti : déséquilibré, drogué, marginal …

La vérité n’en reste pas moins cruelle et, face à ces horreurs, les autorités nous répètent qu’il faut nous « habituer à vivre avec le terrorisme ».

Moi, je le dis, je le dis aux Français, nous n’avons pas à nous habituer au terrorisme ; ce n’est là que le mot d’ordre de gouvernants résignés, indignes de prétendre conduire l’Etat parce que la sécurité est le premier devoir de l’Etat.

Le Président, puis le premier Ministre, se sont fendu d’un tweet davantage pour féliciter le légionnaire qui a neutralisé le terroriste que pour parler des victimes, que pour évoquer la suite.

Puis M. Macron s’est contenté de se dire « indigné » par cet acte barbare, lui qui tirait gloire durant la campagne de ne pas avoir de programme contre le terrorisme.

Rappelez-vous le scandaleux « je ne vais quand même pas inventer un programme contre le terrorisme dans la nuit ».

On ne demande pas à un Président de s’indigner mais d’agir.

Le Ministre de l’Intérieur, lui, a pris une mine de circonstance puis s’en est allé serrer des mains à Marseille. Il convenait de faire des images.

Un Ministre de l’Intérieur qui doit expliquer qu’un étranger, multirécidiviste, en situation irrégulière depuis 12 ans, qui a été arrêté sous sept identités différentes ait pu être gardé en France.

Pire, on apprend que pris en flagrant délit de vol il y a quelques jours, il a été non seulement libéré sans poursuite pénale, mais il n’a même pas fait l’objet d’une rétention administrative faute de place, nous dit le Parisien.

Quelle honte pour ce ministre et ce gouvernement !

Quelle tragédie pour notre pays que son gouvernement, il faut le dire, est incapable de protéger !

A ce ministre, je lui ai trouvé la tête basse.

Il a raison.

C’est l’attitude qui convient, lui qui est en train de faire voter une loi sur le terrorisme qui relève du laxisme le plus éhonté.

Cette loi est une escroquerie dont nous ne serons pas complices.

Nous ne voterons pas ce texte inutile et même nuisible lors du vote solennel.

Je précise que, du fait d’un règlement antidémocratique, nous n’aurons pas de temps de parole pour une explication de texte même de deux minutes.

Cette loi sur le terrorisme est présentée par les esprits superficiels comme une incorporation des mesures de l’état d’urgence dans le droit.

En réalité il ne s’agit que d’un sous-état d’urgence c’est-à-dire que concrètement le gouvernement a abaissé l’arsenal juridique au moment où la menace terroriste se fait chaque jour plus pressante.

On débat du périmètre de sécurité, du sommeil des terroristes présumés qu’il faudrait ne pas déranger entre 21 heures et 6 heures du matin, de déradicalisation qui n’a marché nulle part au monde.

Or, déjà l’état d’urgence était peu efficace et, de surcroît, pas réellement appliqué.

Je le dis et le répète : des préfets se sont vu reprocher de faire trop de zèle durant l’état d’urgence.

On imagine que le sous-état d’urgence de M. Colomb sera encore moins efficace que l’état d’urgence classique.

Il sera encore moins appliqué parce qu’il est moins applicable du fait des méandres juridiques de mise en œuvre de ses dispositions.

Tout se passe comme si la doctrine du gouvernement, celui-là comme les précédents, ce n’est pas de faire, mais de faire croire qu’on fait.

Je voudrais vous citer quelques perles du débat qui illustrent l’état d’esprit des promoteurs de ce texte prétendument contre le terrorisme :

  •  Nous avions déposé un amendement pour demander le contrôle par croisement des fichiers antiterroristes des personnels de sécurité privée (on sait que la sécurité privée

est gangrenée par les islamistes) : l’amendement a été jugé « irrecevable » sans qu’il y ait de problème rédactionnel au motif que « la charge de travail » serait insupportable.

Il n’a donc même pas pu être discuté comme si cette proposition était insensée alors même que le texte prévoit de faire contrôler des périmètres de sécurité antiterroriste à des sociétés privées de sécurité.

  •  Nous avions demandé que soit dressée la liste des organisations terroristes, ce qui aurait permis de poursuivre pour « intelligence avec l’ennemi » toutes personnes liées à elles, en vertu de l’article 411-4 du code pénal et les condamner jusqu’à 30 ans de prison.

Le rapporteur, on ne sait si c’est par désinvolture ou bêtise, nous a répondu qu’une telle liste serait « contraire à la présomption d’innocence ».

Invoquer la présomption d’innocence à l’égard de Daesch de Boko Haram ou d’Al Qaïda, on nage en pleine absurdité voire même en pleine débilité.

  •  Vous rendez-vous compte que d’après le texte de M. Colomb un terroriste potentiel devra donner son accord pour la pose d’un bracelet électronique, et que ce bracelet électronique n’aura pas le droit de le géo localiser.
  •  Le ministre a avoué que plus de 3000 étrangers sont fichés S – on devrait dire « i » pour islamisme- en expliquant doctement qu’ils ne seraient pas obligés de quitter le territoire français.

Lors du débat, nous avons mis en évidence les deux écueils du texte :

  •  Il ne prend pas en compte la dimension spécifique de l’acte terroriste
  •  La loi Macron ne s’attaque pas à l’idéologie islamiste qui arme les terroristes

Après l’attentat de Marseille, nous demandons au Président et au gouvernement l’abandon de sa loi, ridicule au regard de la situation dramatique du pays.

Une prolongation de l’état d’urgence et l’application de toutes les lois existantes notamment celles relatives aux reconduites à la frontière.

L’ouverture d’une consultation de toutes les formations politiques représentées au Parlement.

Et le vote d’une grande loi antiterroriste qui prendrait en compte les deux impératifs que nous avons indiqués :

1) La reconnaissance de l’acte terroriste comme un acte de guerre :

Les conséquences de cette reconnaissance sont juridiques : des juridictions et des procédures d’exceptions, un traitement pénal et carcéral spécifique pour les personnes étrangères ou françaises reconnues comme ennemies de la France (ex : la mise en œuvre des incriminations de trahison), le retour de contrôles réels aux frontières de manière permanente …

Cela conduit également à traiter en amont les situations à partir desquelles les organisations ennemies de la France organisent leur guerre sur notre sol :

Les organisations terroristes recrutent parmi la délinquance : nous devons rétablir la double peine que M. Sarkozy avait abolie (c’est-à-dire l’expulsion systématique des délinquants étrangers) et d’une manière plus générale faciliter les possibilités d’expulsion d’étrangers en situation irrégulière ;

Les organisations terroristes tirent parti de notre laxisme en matière de naturalisation avec des accès à la nationalité qui relèvent de l’implantation de djihadistes chez nous : il faut réformer notre code de la nationalité ;

Les organisations terroristes tirent parti de notre laxisme judiciaire : il faut revoir la procédure et les peines pénales notamment avec le retour des peines planchers.

Les organisations terroristes tirent parti du système carcéral qui fait de nos prisons des bureaux de recrutement de Daesch : nous demandons une grande réforme pénitentiaire.

Les organisations terroristes tirent parti de l’immigration : il faut un moratoire sur l’immigration et tout particulièrement de la folle politique des migrants.

Les organisations terroristes tirent part des faiblesses de l’UE : nous devons sans attendre renoncer à Schengen et rétablir nos frontières nationales.

La reconnaissance du terrorisme comme acte de guerre devrait enfin impliquer des changements de politique en matière militaire et diplomatique avec par exemple la mise en cohérence de nos alliances militaires et politiques ou la recherche d’alliances ou de partenariats privilégiés avec certains pays (ex les états du Maghreb),

2) L’éradication de l’islamisme

En second lieu la grande loi sur le terrorisme doit avoir pour objectif l’éradication partout et sous toutes ses formes de manifestation de l’idéologie islamiste, cette idéologie politico-religieuse qui a programmé notre asservissement et nous fait la guerre et dont l’ex-procureur anti-terroriste Alain Marsaud dit qu’elle gouverne aujourd’hui plusieurs villes de France :

Dissoudre l’UOIF, interdire les Frères musulmans, éradiquer le salafisme partout, dans toutes les associations, sportives, culturelles, cultuelles.

Nous avons perdu un temps précieux que nos ennemis ont mis à profit pour se développer, se renforcer.

Cet après-midi, Ludovic Pajot pour le Groupe FN posera une question au gouvernement.

Il demandera au ministre s’il compte persister dans sa loi inutile ou s’il entend remettre le dossier du terrorisme sur la table avec une grande loi sur le terrorisme.

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